Actions en cours
Dans le cadre de ses différentes missions et pour permettre la réussite du SAGE et du PTGE dont le Syndicat Mixte est structure porteuse, ce dernier réalise un large spectre d’actions. La présente page présente les principales actions en cours.
L’étude nappes 70
Afin d’anticiper les effets du changement climatique et du développement du territoire et de garantir la pérennité des nappes phréatiques, le Syndicat Mixte des nappes a lancé en 2024, en partenariat avec le BRGM, une étude prospective intitulée « Nappes 70 ».
Cette démarche vise à évaluer l’état futur des nappes de la plaine du Roussillon en croisant plusieurs scénarios, qui intègrent à la fois les évolutions climatiques et les changements dans les usages de l’eau.
L’étude s’articule autour de trois grandes étapes :
- Construction d’un modèle numérique 3D : un modèle tridimensionnel des nappes de la plaine du Roussillon est élaboré à partir de données géologiques et hydrogéologiques, notamment issues du projet de recherche Dem’eaux. Ce modèle intègre les flux entrants (pluie, cours d’eau, massifs périphériques, canaux) et les flux sortants (pompages, cours d’eau, mer et étangs), afin de représenter au plus près la situation actuelle.
- Simulation du changement climatique : sur la base de l’étude de référence Explore 2, quatre scénarios climatiques (« narratifs ») sont simulés pour analyser leurs impacts sur les nappes.
- Évolution des prélèvements et concertation territoriale : différents scénarios d’évolution des usages de l’eau sont élaborés en concertation avec les acteurs du territoire : collectivités, monde agricole, chambres consulaires, grand public, etc. Cette phase reposera sur une large démarche participative.
À terme, l’étude Nappes 70 constituera un outil d’aide à la décision essentiel pour les acteurs locaux, notamment dans le cadre de l’élaboration du Projet de Territoire pour la Gestion de l’Eau des nappes (PTGE).
Prévue pour s’achever début 2027, cette étude s’inscrit dans une dynamique plus large, en complément d’autres démarches prospectives menées sur le territoire, telles que Eau’rizon 70, le Schéma Directeur des Eaux Brutes Agricoles, l’étude de sécurisation de l’alimentation de la retenue de Villeneuve-de-la-Raho, ou encore le projet Aqua Domitia II (adduction d’eau depuis le Rhône).
L’étude est financée à 70% par l’Agence de l’Eau et 10% par la Région.
L’étude EDTAPES
Lancée en 2023 et achevée en 2025, l’étude EDTAPES est un programme porté par le Syndicat Mixte, en partenariat avec le CIVAM Bio 66. Elle vise à expérimenter et promouvoir des pratiques agricoles permettant de réduire l’usage de l’eau et de se passer de pesticides, afin de répondre aux enjeux quantitatifs et qualitatifs de préservation des nappes.
Des expérimentations ont été menées en conditions réelles sur des exploitations de la plaine du Roussillon, autour de trois cultures emblématiques du territoire : l’arboriculture, le maraîchage et la vigne. Différents types de couverts ont été testés selon les cultures — déchets verts, compost, biochar, champost, bois vert criblé (BVC), entre autres — afin d’évaluer leur efficacité.
Ces solutions, parfois déjà connues, parfois innovantes, permettent de mieux conserver l’humidité des sols, y compris en période de sécheresse, et contribuent souvent à améliorer les rendements. Si certaines limites ont été identifiées, notamment en termes de mise en œuvre, les résultats obtenus sont très encourageants. Les agriculteurs participants ont d’ailleurs choisi de pérenniser ces pratiques et de les étendre à l’ensemble de leurs cultures.
Au-delà des résultats techniques, le projet EDTAPES a également favorisé les échanges au sein du monde agricole. Des rencontres « en bord de champ » ont réuni un public varié — agriculteurs, élèves en formation, chercheurs, techniciens — pour partager les résultats, mais aussi discuter des conditions pratiques, techniques et financières de mise en œuvre et des pistes complémentaires à développer.
Une vidéo de présentation permet de découvrir la démarche et les principaux enseignements de l’étude.
Cette action a été financée à 70% par l’Agence de l’Eau.
Le renforcement de la surveillance des intrusions salines
Sur la bordure côtière en particulier entre les étangs de Canet et de Salses-Leucate, des intrusions salines ponctuelles ont été identifiées dans les nappes profondes du Pliocène utilisées notamment pour la production d’eau potable. Ces intrusions sont directement liées à des prélèvements trop importants localement. L’évolution de la concentration en chlorures dans les nappesest suivi depuis les années 1980. En 2022, le Syndicat Mixte a réalisé une expertise permettant d’optimiser ce réseau de suivi et de proposer des modalités de gestion des prélèvements à même de les prévenir ces intrusions.
Ce travail se traduit par la mise en œuvre de nouvelles techniques de suivi (diagraphies) et la réalisation d’ouvrage de surveillance supplémentaires placés stratégiquement, et à différentes profondeurs. Les derniers ouvrages ont été réalisés en 2026.
Par ailleurs, depuis 2023 des réunions annuelles regroupant les principaux préleveurs du secteur, les services de l’Etat et le Syndicat Mixte des nappes, sont réalisées annuellement pour faire un bilan et proposer des pistes d’amélioration.
Cette action est financée à 50 % par l’Agence de l’Eau.
Liens Eaux superficielles / Eaux souterraines
Les liens sont très étroits entre eaux superficielles et eaux souterraines. Sur certains secteurs de la plaine, une part importante de la recharge des nappes se fait en effet par des cours d’eau (Le Boulès, la Canteranne, la Massane par exemple) ou par les réseaux de canaux lorsqu’ils sont en eau (dans la vallée de la Têt et du Tech en particulier).
La caractérisation de ces interactions et la quantification des flux entre les différentes masses d’eau constitue un élément essentiel pour la bonne gestion des eaux, tant superficielles que souterraines.
En collaboration avec les syndicats mixtes de gestion de l’Agly, de la Têt et du Tech et certaines ASA gestionnaires de canaux, le Syndicat Mixte a travaille actuellement à mieux quantifier les échanges dans des secteurs stratégiques. Ce travail passe par un renforcement localisé du suivi des nappes, du débit des cours d’eau et des canaux. Ce travail, débuté au premier trimestre 2026 est en cours.
Parallèlement, le Syndicat Mixte a également réalisé plusieurs essais de recharge maitrisé des nappes. Le principe mis en œuvre consistait à faire transiter l’eau d’un fleuve (la Tête ou le Tech) par les canaux d’irrigation et à rejeter cette eau dans un affluent sec (oued) pour une infiltration dans les nappes. Cette approche a l’avantage d’être aisée à mettre en œuvre avec des coûts d’investissements nuls et des coûts de fonctionnement très limités. Son principal inconvénient est la disponibilité de la ressource : le débit du fleuve doit être suffisant pour permettre son utilisation pour la recharge maitrisée et le bon état du cours d’eau et des milieux associés. Les rapports d’études de ces essais sont disponibles ici (https://nappes-roussillon.fr/documentations/).
Le baromètre l’eau et les catalans
Informer et sensibiliser tous les publics fait partie des quatre missions fondamentales du Syndicat Mixte des nappes.
Dans cette optique, le Syndicat a lancé en 2022 le baromètre « L’eau et le Roussillon ». Cette enquête, réalisée à intervalles réguliers selon des méthodes rigoureuses, vise à mieux comprendre la perception du grand public sur la ressource en eau et à suivre son évolution dans le temps.
Un outil pour mieux agir
Ce baromètre poursuit un double objectif :
- affiner les actions d’information menées par le Syndicat Mixte ;
- évaluer leur efficacité dans la durée.
Largement relayé par la presse locale, il constitue également un levier de sensibilisation à part entière.
Des résultats révélateurs
Une quinzaine de questions ont permis d’explorer plusieurs thématiques : origine de l’eau potable, usages et consommation, perception des enjeux liés à la ressource, ou encore niveau d’information des citoyens.
La première vague, réalisée en janvier 2023, met en lumière des résultats marquants :
- plus de 95 % des habitants ignorent l’origine de l’eau de leur robinet ;
- 80 % ne connaissent pas leur consommation d’eau ;
- 1 personne sur 2 estime que le Roussillon pourrait rencontrer des difficultés d’approvisionnement en eau à l’avenir.
L’ensemble des résultats de cette première édition est disponible ici ( lien hypertexte : https://nappes-roussillon.fr/documentations/).
À noter : ces données ont été recueillies avant la sécheresse exceptionnelle qui a touché le territoire entre 2023 et 2025, un épisode largement médiatisé.
Une seconde vague du baromètre est prévue en 2027 afin de mesurer l’évolution des perceptions et d’adapter les actions de sensibilisation.
Cette action est financée à 50 % par l’Agence de l’Eau.